
Le 19 septembre, l'été a fait ses valises et quitté la côte italienne. Il est parti aussi vite qu'il était arrivé au mois de juin : du jour au lendemain, baisse des températures, temps instable, vent omniprésent, pluie. On range les shorts et les débardeurs et on ressort nos tenues de printemps pour entamer la dernière saison de notre voyage : l'automne. On change aussi nos habitudes : plus de camping (ils ont presque tous fermé le week-end dernier), donc à partir de la pause déjeuner, on cherche un endroit ou s'arrêter pour la nuit. La bonne nouvelle c'est que les B&B en septembre ne sont pas beaucoup plus chers que les campings en plein été, alors, on se met au chaud quasiment tous les soirs.
Une page importante de l'aventure se tourne aujourd'hui : avec l'été, nous avons consommé les 2/3 de notre temps en vadrouille et nous sommes sur le point de quitter tous ces pays bien connus pour débuter comme un autre voyage de l'autre côté de l'Adriatique.
Alors, pour ceux d'entre vous qui ont l'âme d'un aventurier, et qui se demandent ce qui compte vraiment pour réussir un été à vélo, voici ce qu'on vous recommande...
1. En Vélo
- Sur le vélo, vous aurez besoin d'un casque. D'abord car en cas de chute, c'est quand même mieux (on pense même que çà devrait être obligatoire), et puis aussi car le casque sert a se protéger du soleil, comme une casquette. Et oui, en plein été, vous serez en plein soleil plusieurs heures par jours, alors mieux vaut sortir couvert !
- En velo, vous ne pourrez pas non plus vous passer de lunettes de soleil. Evidemment car en été, le soleil tape fort, mais pas seulement ! En velo, on va parfois assez vite en descente, et vous n'imaginez pas le nombre de bestioles qui entreront en collision avec vous. Soyons honnête, parfois ça peut même faire très mal ! Donc les lunettes en velo, c'est un peu la visière du casque de moto. Vous ne voulez pas tester l'abeille, la guêpe ou pire dans les yeux, donc mettez des lunettes... Et fermez la bouche...

- L'eau, le plus important. Ne prenez jamais la route sans au moins 1.5 litre d'eau par personne. Des points d'eau, on n'en trouve pas toujours aussi facilement qu'on le croit et sans eau, en velo, ça peut très mal se terminer (on a entendu quelques histoires...). Nous avons opté pour des gourdes évidemment mais aussi un gros thermos chacune, car avoir de l'eau c'est bien, mais se garantir de l'eau fraîche c'est encore mieux. Les thermos ont très bien fonctionné tout l'été, on en est très contentes.

- De quoi manger : même principe que pour l'eau, parfois, on ne croise pas de petite supérette ou de café pendant plusieurs dizaines de km et on peut rapidement épuiser son énergie si l'étape est difficile. Alors une barre de céréales, des bonbons, des gâteaux secs, un morceau de sucre... Choisissez ce que vous préférez mais ne partez pas sans, car ce petit détail peut vous sauver la mise.
- Des vêtements qui sèchent vite, c'est la tenue adéquate du cyclotouriste l'été, car on transpire ÉNORMÉMENT, vous n'imaginez même pas... Il faut donc des vêtements qui s'adaptent a ce flux incessant et aussi qui se lavent et qui sèchent vite. Les tee-shirts décathlon nous ont servi tout l'été et on en est très contentes.
- Un cuissard molletonné au niveau des fesses, pour les premiers jours, ça peut aider.
- Oubliez le déodorant, ça marche 15 minutes... Choisissez des chaussures plates dans lesquelles vous êtes à l'aise et vous êtes prêts !
- En ce qui concerne la conduite sur route, on sera honnête, on n'a rencontré très peu de problème, et on ne comprend pas bien les personnes qui utilisent des écarteurs. Evidemment, une personne sur 10 aura un conduite plus risquée que les autres. Voir une voiture se rabattre a quelques mètres de Johanna peut être très impressionnant. Etre victime d'une flaque d'eau dans laquelle passe une voiture (par mégarde, évidemment...) peut etre très énervant. Mais ça n'arrive pas souvent : même en Italie, les voitures, camions, camionnettes et motos sont très vigilants et font généralement très attention à nous.
- Par contre, si par hasard un conducteur de camion me lit, j'ai un détail important à partager: Monsieur Camion, tu fais toujours très attention à nous et je t'en remercie. C'est aussi très gentil de nous faire signe quand tu nous vois sur la route. Je sais que la capital sympathie de deux nanas sur un vélo doit être très élevé, au moins autant que les routes te sont parfois monotones. Mais, monsieur Camion, ton Klaxon, il est très fort, tu sais... Il raisonne vraiment beaucoup plus que ma petite sonnette... Alors quand tu klaxonnes en levant la main pour dire bonjour, ou bien juste avant de me dépasser pour gentillement me prévenir, moi je perds 3 vies en une fraction de seconde et je risque de tomber une fois sur deux. Monsieur Camion, arrête de me klaxonner stp, fais moi plutôt des appels de phare. Merci :-)
- En dehors de ça, votre pire ennemi sera toujours le vent. Partez du principe que le vent se calera 80% du temps, pile en face de vous. Hé oui ! Bizarrement, le vent est presque toujours dans le mauvais sens et quand il n'est pas pile en face de vous, alors il est latéral et là ça n'est pas pire, c'est beaucoup pire et surtout beaucoup plus dangereux. Chute garantie en cas de rafales, en particulier si un poids lourd vous dépasse (et là, qu'il klaxonne n'y changera rien).
- Concernant les outils, certains aiment MapsMe. Nous, on l'utilise parfois et parfois Google Maps aussi, mais on n'est réellement convaincues par aucun d'entre eux. Fiez-vous a votre instinct : si vous ne voyez pas le village au loin, c'est qu'il est vraiment très loin. Ne croyez pas les panneaux car le kilométrage indiqué est très souvent faux (les panneaux feront l'objet d'un billet tout particulier, vous verrez qu'on peut avoir des grosses surprises). Et surtout, ne vous réjouissez jamais dans une descente car, si ça descend, c'est que ça remonte après ! Réjouissez-vous plutôt dans les montées, vous me suivez ?

- Enfin, concernant le rythme à suivre, chacun trouvera le sien. Notre vitesse de croisière est de 50 à 60 km par jours, mais vous en ferez peut être beaucoup plus, ou beaucoup moins. Ce qui me semble important de préciser c'est qu'il est toujours beaucoup plus difficile de pédaler après déjeuner. C'est un fait. Alors déjeunez léger et idéalement assurez-vous d'avoir fait le plus difficile le matin et au moins les 2/3 de la routes avant de vous arrêter pour casser la croûte.
2. Au Camping

Le camping c'est tout un roman. On pourrait en écrire des tomes mais le mot qui résume le mieux cette experience, c'est "promiscuité". Au camping, même bien au chaud, allongé dans votre tente, vous n'êtes pas seul. Aux toilettes, vous n'êtes pas seul. Sous la douche, vous n'êtes pas seul. Et même en pleine nuit, quand vous pensez être seul dehors a fumer une clope, vous n'êtes toujours pas seul.
- Alors, règle numéro 1 : jamais sans mes claquettes ! En particulier sous la douche car 58 personnes sont passées avant vous et vous pouvez être tranquille, au moins une d'entre elle a laissé des traces qu'elle n'aurait jamais laissé chez elle. C'est un principe de base, toujours vérifié : quand les gens ne sont pas chez eux, ils s'en fichent donc sont beaucoup plus laisser-aller. Côté savon, on a choisi Lush car c'est léger, ça mousse et ça n'est pas liquide (trop risqué le gel douche qui se vide dans la sacoche). Verdict : super ! Vous n'avez plus qu'à choisir la senteur qui vous convient le mieux. Une fois propre, il faut sécher et les serviettes Decathlon sont assez efficaces et fines pour vous sécher et se sécher elles-mêmes très rapidement après. Encore du matériel léger et peu encombrant qu'on recommande.

- Règle numéro 2 : sachez malgré tout trouver votre confort ! Et cet été, notre confort à la belle étoile, on l'a trouvé grâce aux chaises et à la table Helinox qui nous permettait de dejeuner, diner, discuter, écrire, fumer, se reposer, sans être assises en tailleur par terre. Et ça, ça compte ! Surtout après une journée en vélo. On n'a jamais regretté ces 3 kgs supplémentaires car ils représentaient tout notre confort a l'arrivée.


- Le confort c'est aussi pouvoir se changer et oublier le vélo à l'arrivée : ça veut dire un pantalon long qui vous permettra d'aller diner sans vous faire remarquer et qui vous évitera en plus quelques piqûres de moustiques. Un petit sac a dos, qui vous permettra de n'emporter que l'essentiel et vous procurera la joie de ressembler a n'importe quel touriste, est toujours utile. On a aussi une pochette étanche pour les papiers importants ce qui nous permet de ne jamais les perdre et aussi de les protéger en cas de gros pépin.
- Et le camping, on y vient pour dormir donc on a investi dans les mini matelas orange Decath ultra plats mais efficaces, dans des sacs de couchage /draps et des petits oreillers gonflables. Verdict ? Les matelas sont bien et on n'a utilisé que les draps pendant l'été (avec une petite couverture polaire qu'on avait au pied au cas ou) mais les oreillers font vraiment mal au cou... Pour ça, on n'a jamais trouvé la bonne formule ! A vous de tester...

- Enfin, les campings étant de qualité très différente, mieux vaut être autonome. Autonome pour manger et autonome pour laver son linge. Un paquet de pâtes + un kit decath pour manger et un fil + un paquet de lessive pour laver, feront l'affaire. J'ajoute pour les drogués du café (comme moi) un paquet de café et un mug/cafetière Vieux Campeur, hyper pratique le matin.

- II vous faudra aussi de la lumière et pour ça, une lampe solaire fera l'affaire. Placez une bouteille d'eau par dessus et vous doublerez sa puissance !
- Le camping, c'est aussi le lieux ou on ouvre les sacoches car on cherche les serviettes, les culottes, les matelas, la lumière, un couteau, la crème Relax (de chez Decath toujours, très très bien pour éviter les courbatures du lendemain)... Alors, trouvez un moyen d'identifier facilement les sacoches et rangez les choses toujours au même endroit. Car... Trouver le dernier paquet de mouchoir en papier à quatre pattes dans le noir au milieu de 10 sacoches, c'est sympa 5 minutes mais arrivé a la sixième sacoche, qui que vous soyez, vous perdrez patience : "Mais sans déconner, tu l'as mis ou le paquet de mouchoirs ?????". "Heu... Je sais pas, c'est pas moi qui l'ai rangé hier". Paf... Joues rouges (même si ça ne se voit pas dans la nuit), nerfs a vif... Mauvais Karma pour aller dormir. Nous, on a "La main de la Fatma" qui contient la trousse de secours et la partie douche, un petit sac rouge pour les sous-vêtements, un gros sac pour le reste des vêtements, un sac pour la bouffe et les ustensiles, un sac pour dormir (matelas, sac de couchage..) et un sac avec ce qu'on utilise presque jamais.

- Pour le reste, le camping et ses bruits fera sûrement l'objet d'un autre billet. Il y a du bruit, surtout entre 20h et minuit et vous ne pourrez rien y faire. Il n'y a jamais d'herbe contrairement à ce qu'on s'imagine. Les campings municipaux sont généralement mieux, plus propres et moins chers. Et vous le savez désormais... Il n'y a pas de papier Q dans les toilettes !
3. Oubliez...
- Oubliez l'appareil photo reflex que nous ne sortirez jamais arrivé en haut du col, car il ne vous reste assez d’énergie que pour boire un peu d'eau. Etre photographe ou cyclise, il faut choisir ! Aujourd'hui, les smartphones donnent d'assez bons résultats pour s'assurer de capturer quelques bons souvenirs tout en déployant un effort très limité.
- Oubliez les multiples accessoires types bananes, ou bandages ou médicaments en tout genre. A part du Doliprane, 90% du temps, vous n'aurez besoin de rien à part de la crème pour éviter ou guérir les irritations aux fesses ou du pchit pour faire fuir les moustiques.
- Oubliez les vestes, il fait chaud en été, vous ne les utiliserez jamais. Une polaire et ça suffit, ! Et c'est vraiment au cas ou...
- Je ne dis pas encore "Oubliez" car le voyage n'est pas fini et vous savez que je suis extrêmement vigilante avec mon environnement, en particulier quand il aboie. Mais, nous n'avons jamais eu a utiliser nos bombes, ni notre taser (Pierre, on sait que tu es déçu, mais on préfère que tu le sois). Pourtant, on s'est plusieurs fois retrouvées dans des situations un peu angoissantes. Personnellement, je crie et pour le moment, ça fonctionne.
